Ottawa, le 22 octobre 2025 – Le député de Saint-Hyacinthe—Bagot—Acton, Simon-Pierre Savard-Tremblay, a déposé, le mardi 21 octobre, le projet de loi C-251, visant à interdire l’arrivage de marchandises produites en ayant recours au travail forcé ou celui des enfants.

« Le constat est clair : le modèle canadien est un échec, lance-t-il. Ottawa contribue à envoyer des milliards de dollars qui vont enrichir une industrie basée ces pratiques odieuses, et reste passif malgré ses promesses de légiférer sur le sujet en 2023 et en 2024. À ce jour, sur trente-quatre cargaisons suspectes venant de partout dans le monde, une seule a été saisie aux frontières canadiennes! Aux États-Unis, on parle plutôt de milliards en marchandises bloquées, en provenance d’une seule région. »

L’initiative du député bloquiste viendra dresser une liste de pays, régions ou entreprises susceptibles de recourir au travail forcé ou au travail des enfants, et fera en sorte de retenir leurs marchandises, jusqu’à preuve du contraire. L’élu cite notamment les fruits de mer de Thaïlande, le café brésilien, le cacao ivoirien ainsi que des produits manufacturés chinois — comme les vêtements de coton, les pièces automobiles, les panneaux solaires et les composantes électroniques — parmi les marchandises à risque.

« Nous nous inspirons du modèle américain, qui a fait ses preuves. Le fardeau de la preuve reviendra à l’importateur, qui devra prouver que les produits identifiés comme à risque ont bien été produits dans des conditions conformes aux droits humains, explique M. Savard-Tremblay. Dans un contexte de conflit commercial où nos partenariats et notre chaîne d’approvisionnement sont à repenser, nous devons définitivement barrer la porte aux fournisseurs et pays exploitant d’autres êtres humains ou s’adonnant à la traite de personnes, comme en sont notamment victimes les peuples ouïghour et tibétain. Cela contribuera notamment à rebâtir la confiance des Américains qui voient dans le Canada une passoire pour les produits chinois. »

Notons que plusieurs pays comme le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne ont déjà adopté des lois pour limiter les risques de travail forcé dans leurs chaînes d’approvisionnement. « Nous ne pouvons plus fermer les yeux sur ces atrocités, nous ne voulons pas de sang dans nos produits! », conclut-t-il.