Hier, des officiels américains ont affirmé que le premier ministre du Canada avait, dans le cadre d’une conversation téléphonique avec le président Trump, renié certains pans de son discours de Davos. M. Carney a immédiatement nié la chose en réitérant ses propos.
J’ai pu lire de nombreux commentaires (« fake news», « faux », « mensonges ») prenant le démenti officiel de Mark Carney comme parole d’évangile. Le hic, c’est qu’aucun des auteurs de ces commentaires n’était sur l’appel.
Qui dit vrai? On ne le saura jamais. Mon interprétation vaut bien la vôtre.
On me rétorquera ici que l’administration Trump carbure au mensonge. C’est vrai, et cela ajoute toujours au doute permanent lorsqu’on a droit à un commentaire officiel en leur provenance.
Faut-il pour autant considérer la version de Mark Carney comme étant D’OFFICE la vérité?
Voici quelques éléments qui nous invitent à la prudence avant de lui donner le bon dieu sans confession :
Mark Carney a déjà, dans le passé, raconté de façon erronée une conversation téléphonique avec le Donald Trump, affirmant (cela paraissait bien en campagne électorale) que le président n’avait jamais évoqué la question de la souveraineté canadienne (ou le 51e État) lors de l’échange. Un mois plus tard, il fut révélé (bonnes sources à l’appui) que c’était faux, et M. Carney a dû l’admettre.
- On sait que Donald Trump apprécie Mark Carney, l’ayant dit publiquement (et certains élus américains me l’ont confirmé), alors que le président américain a généralement tendance à n’avoir de l’affection que pour ceux et celles qui le traitent comme la huitième merveille du monde.
- On sait aussi que, jusqu’à maintenant, Mark Carney a plutôt une attitude molle à l’endroit de Donald Trump, comme on l’a vu l’été dernier quand le premier ministre a aboli rapidement la taxe sur les services numériques 24h après un simple gazouilli du président qui l’exigeait.
- Affirmer que les libéraux ne donnent pas, eux non plus, leur place en matière de faits alternatifs relève de l’euphémisme.
En somme, je ne sais pas qui dit vrai là-dedans, mais le fait qu’un côté ait un lourd historique de libertés prises vis-à-vis de la vérité n’offre pas, en soi, un dossier vierge à l’autre côté. Gardons l’esprit critique.


